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Si j’ai fait 7 000, je peux faire 10 000

  • Photo du rédacteur: Vincent Brémond
    Vincent Brémond
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

📍 Quelque part après les doutes

🔢 7 385 / 10 476 km

🔢 3 091 km restants


La fausse évidence

Si j’ai déjà parcouru plus de 7 000 kilomètres, alors je peux finir les 10 000.

Dit comme ça, c’est simple. Logique. Presque mathématique.

7 385 kilomètres derrière moi.3 091 kilomètres devant.

Sur le papier, la majorité est faite. L’élan est là. La fin semble accessible.

Mais la réalité d’une longue aventure ne fonctionne pas comme une règle de trois.


La fatigue ne se divise pas

Chaque jour, je cumule de la fatigue. Même si je dors, je ne récupère plus totalement. Le sommeil recharge partiellement, mais jamais complètement. Les réserves diminuent doucement. Le corps tient, mais il s’use.

Je suis parti avec une projection ambitieuse. Volontairement ambitieuse. Avec deux jours de marge, gardés comme une réserve stratégique pour m’arrêter plus longtemps si nécessaire. Une soupape mentale.

Mais je sais que la gestion d’énergie est plus complexe que ça. Je l’ai déjà appris à mes dépens.

Lors de mon tour du monde alternatif, après plus de 4 500 kilomètres, j’ai été invité chez des amis vivant près de mon parcours. J’ai accepté sans hésiter. Un bon repas. Une douche chaude. Un vrai lit. Après des nuits sur tapis de sol et sous couverture de survie, ce confort avait le goût du luxe absolu.

J’ai dormi profondément. J’ai récupéré physiquement.

Mais mon cerveau, lui, a interprété autrement. Il a cru que c’était fini. Que l’effort était derrière moi.

Quand je suis reparti le lendemain, le redémarrage a été brutal. Les 1 000 derniers kilomètres ont été les plus difficiles. Comme si le corps acceptait la fatigue tant qu’il restait dans la continuité… mais résistait dès qu’il goûtait au confort.


Le choix du confort mesuré

Fort de cette expérience, je suis parti cette fois avec un peu plus de confort pour les nuits. Je roule plus lourd, mais je récupère mieux. Parce qu’il est presque impossible de rattraper un déficit de sommeil quand on enchaîne les journées sans pause.

Oui, je m’autoriserai à m’arrêter si nécessaire. Oui, j’utiliserai mes deux jours de marge si mon niveau d’énergie l’exige. Mais je préfère éviter les ruptures trop franches. Ne pas donner à mon esprit le signal que la mission est terminée avant qu’elle ne le soit vraiment.

La continuité est ma meilleure alliée.


L’envie d’arrêter

Je sais aussi qu’il y aura des moments de lutte. Une longue averse froide. Une montée interminable. Une journée où le vent semble personnel. À cet instant précis, l’idée d’arrêter traversera forcément mon esprit.

Ce ne sera pas dramatique. Ce sera humain.

S’arrêter et se reposer. Rentrer. Abandonner.

Ou continuer. Même dans la douleur.

C’est un choix. Toujours un choix.

Si j’ai appris quelque chose au fil de mes aventures, c’est que plus elles sont difficiles, plus la joie d’arriver au bout est intense. La difficulté donne du relief à la ligne d’arrivée. Elle donne du poids à la fierté.

Le plaisir final n’est jamais proportionnel à la facilité du chemin.


3 091 kilomètres

À 7 385 kilomètres, il ne reste “que” 3 091 kilomètres. C’est peu à l’échelle du projet. Mais c’est encore immense à l’échelle d’un corps fatigué.

La vraie question n’est pas de savoir si je peux finir.La vraie question est : dans quel état je veux finir ?

En ayant tout contrôlé ?Ou en ayant accepté de traverser le doute ?


Entre projection et réalité

Pendant que tu lis ces lignes, je sais déjà si j’ai atteint ces 7 385 kilomètres comme prévu. Je sais aussi si l’idée d’arrêter m’a déjà effleuré.

Si tu veux voir ce que ces derniers milliers de kilomètres font réellement à mon corps et à ma tête, on se retrouve sur mes réseaux.

Voir si la logique des chiffres tient face à la fatigue.Et si, oui ou non, avoir fait 7 000 kilomètres signifie vraiment que l’on peut en faire 10 000.


En résumé

La fin se rapproche.

Mais ce n’est pas une question de distance. C’est une question de résistance et de robustesse.

 
 
 

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