Au-delà des 10 000
- Vincent Brémond

- 22 avr.
- 3 min de lecture
📍 Presque de retour
🔢 10 205 / 10 476 km
🔢 271 km restants
Plus que l’objectif initial
10 205 kilomètres.
C’est déjà plus que les 10 000 que je m’étais fixés au départ. Un chiffre rond, symbolique, presque esthétique. Après les 5 600 kilomètres de mon tour du monde alternatif — où je dessinais la carte du monde en restant dans les frontières de la France — j’ai eu envie de faire l’inverse : dessiner la France en dehors de ses frontières.
Et pour pousser l’idée plus loin, j’ai visé 10 000 kilomètres. Un nombre fort. Une barre mentale.
Mais quand on trace un parcours aussi long, on ne tombe jamais exactement sur le chiffre désiré. Le dessin impose sa logique. Les contours décident. La distance devient la conséquence du trait, pas l’inverse.
Si, en ce 22 avril, j’ai atteint 10 205 kilomètres, cela voudra dire que j’ai respecté le plan initial. Un plan volontairement, presque excessivement, ambitieux. J’avais choisi de voir large pour garder une marge, au cas où. Une chute, comme lors de mon tour du monde alternatif. Des points de suture. Une douleur persistante. Un imprévu lourd.
Si je suis dans les temps, c’est que la route m’a laissé avancer. Et surtout que j’ai trouvé en moi les ressorts nécessaires pour surmonter ses aléas. Et c’est peut-être ça, le vrai succès.
271 kilomètres pour boucler la boucle
Une distance presque anodine à l’échelle du projet. Une longue sortie dominicale pour certains. Mais après plus de 10 000 kilomètres, ces 271 derniers kilomètres auront un goût particulier.
La route devrait être peu vallonnée. Souvent le long de l’océan. Une fin presque douce, comme un retour progressif vers le point de départ.
Et si je suis dans les temps, plusieurs choix s’offriront à moi.
Je pourrais garder le rythme, faire les 271 kilomètres en une seule journée, finir en avance et profiter de quatre jours à Miami. Mais je risquerais de ne pas savourer les derniers instants sur le vélo.
Je pourrais découper en trois étapes d’environ 90 kilomètres. Profiter davantage de chaque journée. Garder un jour pour démonter, ranger, préparer le retour. Mais je connais le piège : dès la première étape, mon esprit pourrait croire que c’est terminé. Et les derniers kilomètres pourraient devenir étrangement lourds.
Ou je pourrais choisir un compromis. Une grosse étape de plus de 200 kilomètres, puis une dernière courte le lendemain. Pour ralentir sans rompre totalement le rythme. Pour arriver tôt, finir en conscience, et garder deux jours pour respirer avant le retour.
Aujourd’hui, sur le papier, cette option me semble la plus juste. Mais la route décide souvent autrement.
La vérité du terrain
J’écris ces lignes six semaines avant la date prévue de publication. Entre ce que j’imagine et ce que je vivrai réellement, il peut y avoir un monde.
Peut-être que j’ai dû m’arrêter. Trouver un bus. Un train. Une solution pour rentrer à Miami autrement que prévu. Peut-être que j’ai pris du retard à cause d’un problème mécanique. D’une douleur. D’une fatigue mal anticipée.
Ou peut-être que tout s’est déroulé avec une fluidité inattendue.
La seule vérité qui compte, c’est celle de la route.
Entre projection et réalité
Pendant que tu lis ces mots, je sais déjà si ces 10 205 kilomètres ont été atteints. Je sais aussi comment j’ai choisi de parcourir les 271 derniers.
Si tu veux voir comment cette boucle s’est réellement refermée, si la fin a été maîtrisée ou chaotique, je partage l’aventure au quotidien sur mes réseaux sociaux.
Et à mon retour, je prendrai le temps de raconter l’histoire complète. Avec les mots justes. Et les images qui vont avec.
En résumé
10 205 kilomètres, c’est plus que l’objectif initial.
Mais la vraie question n’est plus de savoir si j’ai dépassé 10 000.La vraie question est : comment vais-je choisir de finir.
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