Retour en France
- Vincent Brémond

- 29 avr.
- 3 min de lecture
📍 Fin de trace
🔢 10 476 / 10 476 km
Écrire la fin avant de partir
J’ai longtemps hésité à programmer la publication de cet article. Je l’écris à la veille de mon départ, avant même le premier coup de pédale. C’est étrange d’écrire une fin quand on n’a pas encore commencé.
J’ai aimé cet exercice de projection. Imaginer chaque étape. Décrire des états d’esprit avant qu’ils n’existent. Si vous avez lu les précédents articles, vous avez sans doute remarqué que je restais volontairement vague sur les lieux précis où je devais me trouver chaque mercredi. Ce n’était pas un oubli.
Rien n’est jamais totalement programmé quand je pars. Je crois que j’aime trop l’aventure pour la figer dans un planning rigide.
44 jours ... Puis 43.
Cette fois pourtant, j’ai voulu aller plus loin dans la préparation. Au moment de découper la trace et de l’envoyer dans mon GPS, j’ai revu mes plans. Initialement, j’avais pensé en grands blocs. Puis j’ai décidé de découper finement.
44 parties. Puis finalement 43.
Je partais pour ma plus longue aventure. Deux fois plus longue que la précédente. Et je ne partais pas dans les meilleures conditions. Après une période compliquée, avec 10 à 15 kilos de plus que d’habitude et une forme physique inférieure à celle que j’aurais aimé avoir pour un tel projet.
Alors j’ai réfléchi au temps. Maximum 46 jours disponibles. Idéalement 44 jours pour rouler. Un jour pour préparer le retour. Un, voire deux, en réserve en cas d’aléa important.
Mais en découpant, j’ai été ambitieux. Peut-être trop. Le tracé s’est transformé en 43 étapes exigeantes. Je les ai gardées ainsi au moment du départ, avec l’espoir de tenir le rythme. Et si tout se passait bien, de diviser la dernière étape de 271 kilomètres en deux pour savourer la fin.
Ce que j’espère avoir trouvé
À l’heure où vous lisez ces lignes, je sais si j’ai tenu ces 43 parties. Je sais si j’ai réussi à ralentir pour les derniers kilomètres.
Mais au-delà des chiffres, j’espère autre chose.
J’espère avoir profité de chaque kilomètre. J’espère avoir laissé mes problèmes derrière moi, au moins un temps.J’espère avoir découvert des lieux inattendus. Croisé une faune surprise de voir passer un vélo chargé. Fait de belles rencontres.
J’espère avoir traversé des moments difficiles et avoir su les encaisser.
Et, au fond, une part de moi espère avoir évolué. M’être retrouvé. Être revenu plus solide. Plus lucide. Peut-être même prêt à affronter ce que je laissais derrière moi en partant.
Boucler la boucle
Cette aventure n’était pas seulement une question de kilomètres. Elle était une tentative. Une manière de tracer quelque chose à l’extérieur pour clarifier quelque chose à l’intérieur.
Si tout s’est déroulé comme prévu, alors j’ai bouclé HexaTrace.
Mais même si la route a décidé autrement, même si le plan a été bousculé, je crois que l’essentiel aura été de partir. D’oser. D’accepter l’incertitude.
Parce qu’au fond, l’aventure n’est jamais totalement dans la distance parcourue.Elle est dans la transformation qu’elle provoque.
Entre projection et réalité
Vous avez lu mes projections. Vous savez ce que j’imaginais.
Si vous voulez découvrir ce qui s’est réellement passé, voir l’écart entre ce que j’avais écrit avant le départ et ce que la route m’a imposé, je partage tout sur mes réseaux sociaux. Et à mon retour, je prendrai le temps de raconter l’histoire complète.
Avec les réussites. Les doutes.Les imprévus.
Et peut-être, la preuve que ce voyage était nécessaire.
En résumé
Je suis parti sans ĂŞtre prĂŞt.
Si je rentre aujourd’hui, ce n’est pas parce que tout était parfait.
C’est parce que j’ai choisi d’y aller quand même.
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