8 664 kilomètres
- Vincent Brémond

- 15 avr.
- 3 min de lecture
📍 Dans la dernière grande traversée
🔢 8 664 / 10 476 km
🔢 1 812 km restants
8 664 raisons
Qu’est-ce qui va me traverser l’esprit quand je réaliserai que j’ai parcouru 8 664 kilomètres ?
C’est presque impossible à imaginer avant le départ. Je sais seulement qu’à ce stade, tout sera différent du premier jour. Le corps aura changé. Le regard aussi. Je serai installé dans une routine dépouillée, réduite à l’essentiel : rouler, manger, récupérer, recommencer. Une mécanique simple pour gérer une fatigue devenue structurelle.
À 8 664 kilomètres, je me serai déjà prouvé une chose : même dans les moments difficiles, je suis capable de trouver des ressources pour continuer. J’aurai probablement eu 8 664 raisons d’arrêter. Et j’espère avoir trouvé, à chaque fois, une seule raison de poursuivre.
Le piège des pourcentages
Il restera 1 812 kilomètres.
Dit comme ça, ça paraît peu. Plus de 82 % du parcours sera derrière moi. Les 17 % restants pourraient sembler anecdotiques.
Mais si j’étais chez moi, prêt à partir pour une aventure de 1 800 kilomètres, je ne la qualifierais certainement pas de “petite sortie”. 1 800 kilomètres, c’est immense.
Le danger, à ce stade, c’est de minimiser. De croire que la fin est acquise. De relâcher l’attention parce que la majorité est faite.
Or, 1 812 kilomètres restent 1 812 kilomètres.Des journées complètes.Des réveils.Des montées.Des décisions.
Je devrai rester concentré sur chaque kilomètre, chaque ravitaillement, chaque lieu où poser le vélo pour la nuit.
La zone sensible
Avant le départ, j’avais identifié deux zones sensibles. La première, plus au nord, avec le risque du froid et des températures négatives. La seconde, celle dans laquelle je dois entrer maintenant : la partie la plus vallonnée du tracé.
Avant de retrouver une Floride plus plate pour finir, je devrai affronter une succession de côtes. Pas spectaculaires peut-être, mais répétitives. Usantes.
Et avec une fatigue musculaire déjà bien installée, chaque montée prendra une dimension particulière. Le corps devra digérer l’enchaînement. Le mental devra refuser de dramatiser.
C’est ici que la résilience prend tout son sens.Pas dans les grandes déclarations.Mais dans la répétition des efforts imparfaits.
La dernière vraie épreuve
À 8 664 kilomètres, je rentrerai dans la partie la plus exigeante du parcours. La dernière grande zone de vérité. Celle où l’on ne peut plus se cacher derrière l’excitation du départ ni derrière l’euphorie de la moitié franchie.
C’est une période où il ne faut rien minimiser. Ni la difficulté morale. Ni la fatigue physique.
Je devrai accepter que ce soit dur.Accepter que ce soit lent.Accepter que la robustesse compte plus que la performance.
Peut-être que c’est ici que l’aventure prendra toute sa profondeur.
Entre projection et réalité
Pendant que tu lis ces lignes, je sais déjà si ces côtes m’ont brisé… ou construit. Je sais si j’ai réussi à me hisser en haut de chacune d’elles.
Si tu veux voir à quoi ressemble réellement cette zone sensible, si la fatigue est visible dans mes yeux ou si la détermination a pris le dessus, je partage l’aventure au quotidien sur mes réseaux sociaux.
Rendez-vous là-bas pour voir si, oui ou non, j’ai trouvé la force de grimper toutes les côtes qui me séparaient de la fin.
En résumé
8 664 kilomètres, ce n’est pas la fin.
C’est le moment où il ne faut surtout pas croire que c’est gagné.
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