Le chaos a un visage
- Vincent Brémond

- 25 mars
- 3 min de lecture
📍 Quelque part sur la trace
🔢 3 824 / 10 476 km
🔢 6 652 km restants
Le moment où l’aventure change de nature
Si tout se passe comme prévu, j’aurai 3 824 kilomètres dans les jambes aujourd’hui. Peut-être un peu plus. Peut-être un peu moins. Mais peu importe le chiffre exact. Ce qui compte, c’est le seuil invisible que je suis en train de franchir.
Il y a un moment, dans les longues traversées, où le voyage cesse d’être un projet. Il cesse d’être une idée romantique. Il devient brut. Plus dense. Plus exigeant. C’est là que l’on entre dans une autre dimension. Une dimension où le corps ne décide plus vraiment. Où l’état de fatigue devient une constante. Où la seule chose qui compte, c’est la solidité mentale.
3 824 kilomètres, c’est déjà immense. Mais le vertige ne vient pas de ce qui est derrière moi. Il vient de ce qui reste. 6 652 kilomètres. Une distance encore plus longue que ma plus grande aventure passée. Devant moi, il reste plus que ce que j’ai déjà osé faire dans ma vie.
Se réjouir de l’arrière, oublier l’avant
À ce stade, je serai forcément fatigué. Pas seulement physiquement. Mentalement aussi. Les journées se ressemblent, les réveils sont plus lourds, les muscles tirent plus vite.
La route, elle, deviendra plus vallonnée. Peut-être montagneuse. Le vélo est chargé. Et moi aussi. Un peu plus lourd que d’habitude, un peu plus entamé que lors des premières étapes. Chaque pente deviendra un défi en soi. Même si le nombre de kilomètres quotidiens diminue, le temps passé sur la selle, lui, ne raccourcira pas.
Alors il faudra choisir où poser le regard. Se réjouir des kilomètres déjà parcourus. Éviter de fixer l’horizon comme une menace. Apprendre à découper encore plus petit. Une montée. Un virage. Un ravitaillement. Une journée à la fois.
Ne pas penser aux 6 652 kilomètres.Penser au prochain coup de pédale.
Le chaos prend un visage
Après autant de jours, j’aurai déjà affronté plusieurs journées difficiles. Peut-être des heures sous la pluie. Sûrement du vent. Et une température qui se rafraîchit à mesure que je remonte vers le nord. Le corps accumule. Le sommeil devient stratégique. La récupération, essentielle.
Le chaos, à ce moment-là, ne sera plus abstrait. Il aura un visage. Celui d’un matin où l’on a mal partout. Celui d’un vent de face interminable. Celui d’un imprévu mécanique ou d’une baisse de moral.
Et au milieu de tout ça, une question reviendra sûrement me frapper :
De quoi ai-je réellement peur quand tout devient plus dur que prévu ?
La peur étrange de réussir
La réponse la plus évidente serait : Échouer. Abandonner ... Ne pas aller au bout.
Mais si je suis honnête, abandonner ne me fait pas si peur. Je sais que cela peut arriver. Je sais que si je me suis donné les moyens, je pourrai l’accepter.
Ce qui m’est plus difficile, c’est d’accepter de réussir. De me réjouir pleinement d’une victoire. J’ai toujours eu plus de facilité à encaisser l’échec qu’à célébrer la réussite. Comme si réussir m’exposait davantage. Comme si cela m’obligeait à reconnaître ma valeur.
Alors je fais plus. Toujours plus.Plus de kilomètres. Plus de défis.Comme si le “suffisant” n’existait pas.
Peut-être que le vrai défi de ces 10 476 kilomètres n’est pas d’aller au bout.Peut-être que c’est d’apprendre à m’arrêter un instant… et à être fier.
Les premiers imprévus
À 3 824 kilomètres, il y aura déjà eu des accrocs. Des ajustements. Des moments de doute. Le corps qui fatigue. Les premières douleurs qui s’installent. Les petits imprévus mécaniques ou logistiques qui rappellent que rien ne se déroule exactement comme prévu.
C’est là que l’aventure devient réelle.
Pendant que tu lis ces lignes, je suis peut-être en train d’affronter l’un de ces moments. Ou peut-être que tout se passe étonnamment bien.
Si tu veux découvrir le visage réel du chaos, voir ce que ces kilomètres font vraiment à mon corps et à ma tête, je partage l’aventure au quotidien sur mes réseaux sociaux.
Ce que j’imaginais.Et ce que je vis réellement.
En résumé
À 3 824 kilomètres, la fatigue est là.Le doute aussi.
Mais le plus dur n’est peut-être pas de continuer.Le plus dur est peut-être d’accepter que je suis capable d’y arriver.

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